La caméline (Camelina sativa), aussi appelée « sésame d’Allemagne », revient en force dans les potagers naturels et durables. Rustique, mellifère, peu exigeante et polyvalente, elle mérite selon nous une place de choix dans tous les potagers biologiques ! Voici comment semer et cultiver la caméline dans votre jardin.
La caméline, pour améliorer votre sol naturellement
La caméline est une plante annuelle et indigène en Suisse, qui appartient à la famille des Brassicacées (comme la moutarde ou le radis). Elle agit très efficacement sur la structure du sol et le couvre en quelques semaines seulement, ce qui limite l’érosion du sol, le lessivage des nutriments, et réduit la place laissée aux adventices.
Son système racinaire, composé de nombreuses racines fines, pénètre les premiers centimètres du sol, favorisant l’aération et l’infiltration de l’eau. Elle est donc particulièrement adaptée aux sols argileux, souvent compactés en surface.
Contrairement aux engrais verts à base de légumineuses, comme la serradelle (Ornithopus sativus), la luzerne (Medicago sativa) ou le lupin, qui fixent l’azote atmosphérique grâce à leurs nodosités racinaires, la caméline n’enrichit pas directement le sol en azote, mais agit surtout par sa production rapide de biomasse et son effet structurant en surface. Elle peut être fauchée avant la formation complète des graines, puis incorporée superficiellement au sol à l’aide d’une fourche ou d’un croc. Sa biomasse se décompose assez vite et apporte beaucoup de matière organique. Elle participe ainsi à nourrir la vie microbienne du sol et à maintenir sa fertilité, indispensable pour obtenir des récoltes savoureuses et abondantes !
Une plante bénéfique pour la biodiversité
La caméline produit de nombreuses petites fleurs jaune pâle. Leur floraison généreuse attire différents insectes pollinisateurs ou utiles au potager !
Au printemps, elle constitue une ressource intéressante pour les abeilles et les syrphes, notamment lorsque les autres floraisons sont encore limitées. Dans un potager diversifié, elle peut jouer un rôle de relais entre différentes périodes de floraison. Introduire la caméline dans une rotation ou en bordure de planches permet donc de soutenir la biodiversité locale.
Une culture facile et peu exigeante
L’un des grands atouts de la caméline est sa capacité d’adaptation. Elle est en effet capable de pousser dans des sols relativement pauvres et ne demande pas d’apport important en fertilisant.
Elle tolère aussi très bien le froid, ce qui permet des semis précoces au printemps ou en fin d’été. Elle résiste également mieux à la sécheresse que d’autres plantes oléagineuses, comme le colza.
Pour les jardiniers situés en altitude ou dans des régions aux conditions parfois difficiles, la caméline représente donc une option particulièrement intéressante.
Des graines riches en oméga-3
Au-delà de son rôle d’engrais vert, la caméline peut être cultivée pour ses graines. Celles-ci sont riches en acides gras essentiels, notamment en oméga-3 de type alpha-linolénique (ALA). L’huile de caméline, obtenue par pression à froid, est appréciée pour son équilibre nutritionnel et sa richesse en vitamine E. Elle s’utilise de préférence crue, par exemple dans les salades, afin de préserver au mieux ses atouts nutritionnels, mais aussi en application cutanée pour les peaux irritées. Les graines peuvent aussi être ajoutées entières dans du pain ou des préparations culinaires. Leur goût rappelle alors celui de la noisette.
Comment semer et cultiver la caméline ?
La caméline s’intègre facilement entre deux cultures principales, car son cycle est relativement court (3 mois environ).
Il est toutefois préférable d’éviter de la semer juste avant ou après d’autres Brassicacées comme les choux, les radis ou la moutarde, afin de limiter les risques liés aux maladies spécifiques à cette famille, comme la hernie du chou, la rouille ou les maladies bactériennes. Une rotation d’environ 5 à 7 ans sera donc préférable entre deux cultures.
Le semis peut se faire à la volée ou en lignes espacées de 15 centimètres. La plante demande peu d’entretien. En engrais vert, il est conseillé de la faucher avant la maturité complète des graines pour éviter les repousses spontanées.
La caméline s’adapte bien aux pratiques biologiques, nécessite peu d’intrants et contribue à la santé du sol. Elle favorise la biodiversité tout en offrant une production utile. Dans un contexte de recherche d’autonomie, de résilience face aux aléas climatiques et de jardinage durable, c'est une plante incontournable !
Pour aller plus loin :
- Comment bien choisir son engrais vert ?
- Agrarforschung Schweiz, Ravageurs et maladies dans l’agroécosystème des Brassicacées potagères et du colza.
- INRAE, Listes des maladies et ravageurs des Brassicacées, Ephytia.
La caméline : l’engrais vert à semer dans tous les potagers !